lundi 25 mars 2013

Dépénalisation de l'homosexualité au Zimbabwe

Par Claudya Hilaire-Bergevin



Marcel Proust a déclaré un jour « qu’il n’y avait pas d’anormaux lorsque l’homosexualité était la norme.[1]» D’une certaine manière, il avait raison, car pendant plusieurs siècles,  les pratiques sexuelles entre personnes du même sexe n’étaient pas perçues anormalement ou d’une façon péjorative. En faite, le concept d’homosexualité n’existait même pas.[2] Le tabou entourant l’homosexualité survient lorsqu’arrive le Christianisme. L’établissement de la religion catholique à Rome marque, en Occident le véritable début de la condamnation des pratiques entre hommes, mais aussi, d’une sévérité intense en ce qui concerne toutes les pratiques sexuelles en général.[3] Ainsi, de nos jours, l’orientation et les pratiques sexuelles représentent une grande source de polémique et de questionnement. La sexualité est devenue un enjeu social et politique qui suscite des opinions et surtout, des décisions controversées. En effet, au sein de 80 pays, une peine carcérale, et parfois même capitale est réservée aux minorités sexuelles, tels les homosexuels. Il est alors légitime de se demander, d’où provient cette homophobie exacerbée de certains États.
Nous sommes d’avis que cette situation peut être expliquée à partir de la théorie constructiviste et féministe, et qu’elle pourrait être améliorée grâce à l’ingérence de L’ONU. D’emblée, nous ferons une brève mise en contexte de l’implication de l’ONU en ce qui concerne la dépénalisation de l’homosexualité. De plus, nous décrirons l’État choisi comme exemple, le Zimbabwe, ainsi que les raisons pour lesquelles nous l’avons privilégié. Suivant cela, nous tenterons de démontrer que la connotation péjorative associée à l’homosexualité est basée sur des constructions sociales, et ce, à l’aide des deux théories mentionnées précédemment. Finalement, nous terminerons par une mise en lumière des nombreux bienfaits de l’ingérence, tels le respect des droits de l’homme et une diminution des maladies transmissibles sexuellement.

Au sein de 80 pays, un pourcentage de la population se voit imposer une législation particulière, basée sur son orientation sexuelle ainsi que sur la nature de ses rapports sexuels. Les personnes visées par ses lois sont jugées, dans la majorité des pays, par une peine carcérale pouvant aller jusqu’à perpétuité. Au sein de neuf États[4], les châtiments corporels et la peine de mort sont de mise.[5] Tout récemment, en 2010, Tiwonge et Steven, un couple homosexuel vivant au Malawi, furent arrêtés et condamnés à 14 ans de prison. Ils furent accusés d’avoir pratiqué des actes contre nature, et de s’être mariés lors d’une cérémonie privée entre amis. Tiwonge et Steven furent en mesure d’éviter la prison grâce à la visite de Ban Ki Moon , le secrétaire général de l'ONU. Celui-ci réussit à convaincre le président du Malawi, Bingu Wa Mutharika, d’accorder la « grâce au couple gai pour des raisons humanitaires[6]», et ce, à l’encontre de la volonté de la société et du gouvernement, qui saluent la condamnation des homosexuels.
Suivant cela, il semble juste d’affirmer que la vie des homosexuels, particulièrement au sein des pays sous-développés et des pays en développement, est complexifiée non seulement par l’opinion publique influencée par la religion ou la culture, mais aussi par les gouvernements qui ont carrément établi des lois contre leur orientation sexuelle. Cette situation est jugée inacceptable de la part des forces onusiennes, comme le démontre l’intervention du secrétaire général de l’ONU au Malawi. L’ONU tente depuis plusieurs années de dépénaliser l’homosexualité et le 18 décembre 2008, 66 pays ont mis de l’avant l’importance du respect des droits des homosexuels, lesbiennes et transgenres en basant cet appel sur le principe d’universalité des droits de l’homme. Le premier article de la déclaration universelle déclare que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.[7]» Le texte réaffirme « le principe de non-discrimination qui exige que les droits de l'homme s'appliquent de la même manière à chaque être humain, indépendamment de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre.[8]»
Malgré l’engagement de ces pays, il reste tout de même que la majorité des États n’adhère pas ou reste neutre sur la question de la dépénalisation de l’homosexualité. Notre objet d’étude, le Zimbabwe fait parti des nations qui ne consentent pas au projet de l’ONU. Nous avons choisi ce pays, car sa vision concernant les minorités sexuelles a été fortement influencée par la colonisation européenne, ce qui vient ajouter une dimension raciale à toute la problématique. De plus, l’opinion négative de ce pays concernant les homosexuels est publiquement et fréquemment affirmée par le président Robert Mugabe, qui encourage la persécution de ces derniers.
Les préjugés concernant l’homosexualité sont nombreux au Zimbabwe. L’uranisme est associé à la bestialité, à la propagation de maladie et à une apparence efféminée. Le lesbianisme, bien que moins persécuté, est perçu comme une maladie qu’il est possible de guérir, entre autres par des relations sexuelles hétérosexuelles. Dans les deux cas, la vision prédominante est que l’homosexualité est contre nature.[9] Cette notion de nature est à la base de la loi pénalisant les homosexuels. La loi zimbabwéenne reconnait trois classes d’infraction anormale : la sodomie, la bestialité et ce qui pourrait être appelé « un groupe résiduel de pratique sexuelle contre nature.[10]» Ce qui est particulier avec cette loi, c’est qu’elle est édictée seulement pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. En effet, la loi concernant les relations sexuelles anales (sodomie) pratiquée par un couple hétérosexuel fut abrogée en 1979[11], ainsi que celle interdisant les relations sexuelles entre femmes, étant donné « l’extrême complexité de prouver que de telles relations est eu lieu.[12]» Ensuite, les actes figurants dans le groupe résiduel de pratiques sexuelles contre nature, sont considérés anormal, seulement lorsqu’ils sont pratiqués par des homosexuels.[13] De plus, il faut spécifier qu’un viol « homosexuel » et une relation consensuelle entre deux hommes sont jugés sans distinction devant la loi.[14] Il semble donc juste d'affirmer que la loi « fonctionne dans les limites d’un paradigme où l’hétérosexualité est non seulement la norme, mais est aussi exclusivement “naturelle”.[15]»
Depuis 2006, la loi ne concerne plus seulement les relations sexuelles, mais bien tout agissement qui pourrait être perçu comme un signe d’homosexualité (se tenir la main, se faire une accolade, s’embrasser).[16] Cette situation est particulièrement alimentée par le président de ce pays, Robert Mugabe, qui encourage ses citoyens à persécuter les homosexuelles. En effet, M. Mugabe définit publiquement les homosexuels « comme des sous animaux, pires que les chiens et les porcs.[17]» En 1995, lors de la Foire du Livre internationale de Harare, le président refusa que l’Association des Gays et Lesbiennes du Zimbabwe (GALZ) participe à l’évènement en raison de leur orientation sexuelle et politique. Il déclara :

Je trouve insultant et répugnant pour ma conscience humaine que des organisations si immorales et répugnantes, comme celles d'homosexuels, qui font offense à la fois à la loi de la nature et à la morale religieuse que notre société a épousée, puisse avoir un quelconque porte-parole parmi nous et où que ce soit dans le monde.[18]

La même année, lors de la célébration annuelle de l’indépendance, il fit une déclaration (à voir en annexe) tout aussi homophonique, qui encourageait les individus à livrer les homosexuels à la police. Robert Mugabe et son gouvernement soutiennent que l’homosexualité ne fait pas partie de la culture africaine, et que seules les personnes de race blanche ont de telles pratiques au sein de son pays. Selon lui, la colonisation serait la source de l’homosexualité au sein du Zimbabwe, et de l’ensemble de l’Afrique.[19] Ainsi, le président Mugabe est l’instigateur d’une campagne antigay au sein de l’État et semble être la source première alimentant l’homophobie au sein du Zimbabwe. Nous sommes d’avis que les arguments émis par M.Mugabe sont erronés et facilement contestables à l’aide de deux théories, soit le féminisme et le constructivisme.

L’argument central au Zimbabwe, en ce qui concerne la pénalisation de l’homosexualité, réside dans le caractère contre nature de cette orientation sexuelle. Cependant, comme le mentionne David A. Richards, ce n’est pas la première fois que le concept de nature est employé pour soumettre un groupe à la volonté d’un autre.[20] En effet, les femmes et les Afro-Américains ont dû faire face au même argument lorsqu’ils ont voulu s’émanciper. La théorie féministe est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de remettre en question ce concept de nature. Il est essentiel de préciser que lorsqu’il est question de la nature, par exemple d’intelligence naturelle ou d’infériorité naturelle, nous faisons référence à une caractéristique innée de l’individu qui, dans le cas qui nous intéresse, lui est concédée par son sexe, sa race ou son orientation sexuelle.
Le féminisme a permis de remettre en question l’attribution d’un genre à un sexe, idée prévalut par les tenant de la pensée patriarcale. Ceux-ci soutenaient que l’homme est doté d’une force et d’une intelligence suprême, ce qui lui concède le pouvoir et la supériorité au sein de la société. En effet, selon Jean-Jacques Rousseau[21] et Proudhon[22] c’est la nature qui octroya aux hommes sa force supérieure, en lui attribuant de plus larges épaules, une voix puissante et une roideur des muscles.[23] De plus, selon Proudhon, les femmes ont naturellement un plus petit cerveau[24], la preuve résidant dans le fait que « l’humanité ne doit aux femmes aucune découverte signalée, pas même une invention utile.[25]» En bref, l’homme domine dans tous les domaines, et « la femme n’a pas de raison d’être : c’est un instrument de reproduction qu’il a plu à la nature de choisir.[26]»
En réponse à ces affirmations, des féministes telles Claudette Fillar et Olympe de Gouge, répondront que « tous les hommes et toutes les femmes sont créés égaux et ils sont dotés par leur Créateur de certain droits inaliénables[27]» telles la liberté, la propriété, la sureté et la résistance à l’oppression[28]. Elles feront remarquer qu’au sein de la véritable nature, il est impossible de « distinguer les sexes dans l’administration[29]» des sociétés animales ou végétales, car la nature est orchestrée par la coopération de tous. Elsa Dorlin observe que ce sont les tenants du patriarcat qui ont intérêt à ce que le débat concernant l’égalité des sexes « reste indécidable et demeure à l’état de querelle. » Le maintien de celui-ci permet la persistance des discriminations et justifie la domination des hommes sur les femmes[30], par l’attribution d’un caractère impuissant au sexe féminin.
Il semble donc juste d’affirmer que l’attribution d’un rôle ou d’une identité par la nature fut un argument à mainte fois utilisée pour justifier la domination ou la discrimination d’individus. Les homosexuels sont considérés comme des êtres anormaux étant donné qu’ils vont à l’encontre de l’idée de nature préconçue. Les hommes homosexuels sont particulièrement persécutés, car de par leur orientation sexuelle, ils contredisent la force de leur sexe en arborant les caractéristiques physiques où psychologiques du sexe faible, le sexe féminin.[31] Il y a donc ici un problème flagrant de sexisme où le genre féminin est non seulement considéré comme un signe de faiblesse, mais l’est encore plus lorsqu’il est arboré par un homme. Ainsi, il semble juste d’affirmer que le problème n’est pas les relations homosexuels en soi, mais bien ce que l’homosexualité représente : la faiblesse. Une étude réalisée par Paul Jackson sur l’homosexualité durant la Deuxième Guerre mondiale, démontre exactement cette situation. En effet, M. Jackson affirme que les relations amoureuses et/ou sexuelles entre personnes du même sexe étaient tolérées tant et aussi longtemps qu’elles restaient secrètes. Cependant, il aurait été impensable pour n’importe quelle armée d’affirmer et d’assumer publiquement la présence d’homosexuelle en son sein. La principale raison de cela est que l’armé devait représenter la force, l’agressivité et l’endurance, toutes des caractéristiques typiquement masculines. Affirmé la présence d’homosexuel aurait confirmé la faiblesse de l’armé, étant donné les caractéristiques féminines, et donc impuissante, attribué aux homosexuels. En bref, le féminisme mit en lumière la grave erreur qu’est l’association d’un genre à un sexe. Les homosexuels au Zimbabwe, ainsi que dans plusieurs autres pays, doivent faire face à des stéréotypes tenaces qui découlent d’un argument aussi fort qu’insipide.
Subséquemment à cela, la théorie constructivisme est tout aussi importante pour analyser la situation. En premier lieu, l’historicité du Zimbabwe permet de démontrer que l’homosexualité n’est pas postérieure à la colonisation européenne. En effet, plusieurs éléments prouvent que les Bushmen, premiers individus à vivre sur les terres du Zimbabwe, avaient des relations homosexuelles, sans que cela ne soit problématique. Une peinture sur roche datant de plus de 2 000 ans illustre clairement cinq hommes ayant des relations sexuelles anale et orale.[32] L’anthropologiste Kurt Falk affirme que « les relations homosexuelles n’étaient pas seulement présentes, mais étaient assez fréquentes pour être socialement acceptable.[33]»
Outre la satisfaction de désirs charnels, les relations sexuelles entre personnes du même sexe permettaient de contrôler la population en période de récession alimentaire ou de sècheresse. De plus, elles permettaient de préserver la virginité des femmes avant le mariage. La colonisation européenne, au contraire des dires de M.Mugabe, n’apporta pas l’homosexualité en Afrique, mais bien la connotation péjorative associée à celle-ci. Les Hollandais, à l’époque de la colonisation du Zimbabwe, étaient dominés par une vision calviniste qui prohibait une panoplie d’acte sexuel, telles les relations homosexuelles.[34] Ce contexte historique permet donc de démontrer le leurre énoncé par M. Mugabe concernant le caractère antiafricain de l’homosexualité.
Suivant cela, le contexte culturel et socio-économique, postérieur à la colonisation, doit être analysé pour comprendre d’où découle l’affirmation de M.Mugabe associant l’homosexualité à quelques individus de race blanche. La colonisation permit l’émergence d’une élite blanche au Zimbabwe, qui se nourrit du travail des populations locales. Ayant une puissance économique et politique supérieure au Zimbabwéen d’origine, cette élite réussit au fil des siècles à inculper ses normes et ses valeurs culturelles, tels la religion et le refus des relations entre personnes du même sexe. La législation actuelle interdisant ce type de relation découle donc indirectement de la colonisation hollandaise. Depuis leur création, la majorité des cas « d’infraction anormale » portés à la court suprême du Zimbabwe implique la participation d’un homme blanc. Cela est remarquable considérant le fait que la population blanche du Zimbabwe est de moins de 1 %. Ceci - dit, selon Oliver Philip une analyse plus approfondie démontre l’impact socioéconomique de cette dimension raciale. Économiquement, la population blanche au Zimbabwe est disproportionnellement puissante, ce qui conduit à deux conséquences importantes. Premièrement, étant donné leur pouvoir économique, les hommes blancs sont plus sujets à être accusés d’acte homosexuel, par des individus de race noire, ou même blanche, utilisant le chantage pour en retirer une compensation monétaire.[35] Deuxièmement, ces hommes peuvent plus facilement s’offrir les services d’avocats, et sont donc en mesure de défendre leur cause en court suprême. De ces faits, nous pouvons en conclure que les blancs sont plus sujets à être inscrits dans les statistiques concernant les infractions contre nature, non en raison de leur couleur de peau, mais bien à cause de la puissance économique qui s’y rapporte.[36]
En bref, l’homophobie au sein du Zimbabwe résulte d’une construction sociale. D’abord, l’association d’un genre à un sexe a mis en place des stéréotypes tenaces, incluant la faiblesse du sexe féminin, et du même coup, des hommes homosexuels. Ensuite, l’acceptation des relations non hétérosexuels antérieure à la colonisation démontre que c’est l’ingérence des mœurs européennes qui fit naitre l’homophobie au Zimbabwe. Conséquemment à cela, nous sommes d’avis que l’ingérence au sein de cet État ne ferait qu’améliorer le sort des minorités sexuelles, et contrecarré les effets pervers qu’à eu l’ingérence coloniale.
D’emblée, la dépénalisation de l’homosexualité, promue par l’ONU, permettrait au Zimbabwe de respecter la charte des droits de l’homme, dont il signataire.[37]La Charte souligne que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.[38]» L’existence de lois contre l’homosexualité porte alors atteinte au principe de non-discrimination selon lequel les droits de l’homme se doivent d’être appliqués de la même façon, et ce, sans tenir compte de « l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre.[39]»
Ensuite, dépénaliser l’homosexualité permettrait aux personnes luttant pour des droits égaux d’être affranchies du joug des gouvernements et des acteurs juridiques qui sont généralement loin d’être neutres[40]. Ainsi, libérés de la tension et du stress que produit une constante crainte d’être emprisonner, les homosexuels pourraient alors s’investir plus au sein de leur société (en qui ils auront dorénavant confiance), et ainsi participer à l’amélioration de celle-ci, comme le soutient le Dr. Mohr, philosophe à l’université de l’Illinois[41]. La dépénalisation sera aussi profitable aux individus qui ne sont pas homosexuel, mais qui bien malgré eux, ne correspondent pas à la conception populaire de ce qu’est un homme et de ce qu’est une femme. En effet, comme le soutient le sociologue Michel Dorais, un homme ou une femme qui ne répondent pas aux caractéristiques attribuées à son sexe respectif par la société, est souvent sujet à de l’homophobie, et ce, malgré son hétérosexualité[42].
Finalement, dépénaliser l’homosexualité pourrait aider à prévenir la transmission du VIH. En effet, lors de la 17e conférence internationale sur le sida au Mexique, des chercheurs ont démontré une prévalence du VIH, chez les hommes ayant des pratiques homosexuelles, « de 21,5% au Sénégal, 21 % au Malawi; 13,9 % en Afrique du Sud; 13,4 % au Nigeria; 12,3 % à Zanzibar (Tanzanie) 7,6% chez des hommes insertifs à Khartoum (Soudan) »[43]. Cette prévalence est due en grande partie par le manque d’éducation sexuelle offert aux populations et à la peur d’être reconnu comme homosexuel par la société. Une enquête nigérienne a démontré que sur 1125 hommes ayant eu recours au dépistage, seulement 10 % d’entre eux sont retournés chercher les résultats[44]. Les hommes qui craignent de faire le test, ou de recevoir les résultats sont habituellement sexuellement actifs, non engagés dans une relation stable et d’apparence efféminée. La situation est sensiblement semblable chez les femmes homosexuelles. De plus, il est important de mentionner qu’il y a une forte discrimination présente dans le monde médical envers les pratiques homosexuelles, ce qui explique la réticence des personnes diagnostiquées à solliciter des traitements.
L’un des effets les plus néfastes de cette situation est que la majorité des hommes et des femmes ayant des relations homosexuelles ont généralement des relations hétérosexuelles et sont même parfois mariés. Ils transmettent donc le virus à leur partenaire, et parfois, à leur insu,  à leur enfant. Selon plusieurs études, les hommes sous-évaluent « les risques auxquels ils sont exposés dans le cadre des pratiques homosexuelles »; croyant que le sida se transmet par les femmes[45] (preuve flagrante d’une éducation sexuelle erronée). Malgré une baisse importante du pourcentage de sidéen au Zimbabwe (diminution de 50 % entre 1997 et 2007), le taux d'infection reste très élevé (plus d'un adulte sur dix)[46].  De ce fait,  il y a encore nettement place à l’amélioration en ce qui concerne cette problématique.
En conclusion, nous estimons que l’ingérence de la part de l’ONU, serait nécessaire pour améliorer le sort de non seulement les minorités sexuelles au Zimbabwe, mais bien de l’ensemble des citoyens. Comme nous l’avons expliqué, une législation particulière est appliquée aux personnes homosexuelles, plus particulièrement les hommes, ce qui est discriminatoire et à l’encontre de plusieurs droits de l’homme. Le président Mugabe encourage publiquement la population à maintenir une attitude et un traitement haineux envers ces parties de la société. Cependant, comme nous l’avons démontré, les arguments de M.Mugabe en faveur de la pénalisation de l’homosexualité sont erronés, et construits de toutes pièces par des évènements historiques et culturels. À travers la théorie féministe, nous avons mis en évidence l’impact de l’association d’un genre à un sexe, pour les individus qui par leur attitude, leur orientation sexuelle ou leur apparence physique, représenteraient des êtres « contre-nature ». Suivant cela, le constructivisme nous permit de démontrer qu’au contraire des dires de M.Mugabe, des relations entre personne du même eurent lieu au Zimbabwe bien avant l’arrivé des colonisateurs européens. De plus, nous avons aussi démontré que les préjugés concernant les homosexuelles entrainaient non seulement de l ‘homophobie, mais aussi du racisme.
L’ingérence de l’ONU améliorait la situation des minorités sexuelles au Zimbabwe, en autre, au niveau de la santé, des droits de l’homme et de la cohésion sociale. Ayant à sa tête le plus ancienne des présidents africains, le Zimbabwe pourrait donné l’exemple aux autres États africains en démystifiant certain préjugé brimant la vie de millier d’individus. En bref, nous croyons qu’il est ridicule qu’une partie de la population soit jugée différemment seulement en raison de son orientation sexuelle, surtout lorsqu’on sait que ce jugement a été socialement construit au fil des siècles à partir de faits inexacts. Qui plus est, bien que l’ingérence peut être contestée en raison de son non-respect de la souveraineté étatique, nous croyons qu’il est logique que les méfaits commis par les premières ingérences des colons, soient aujourd’hui remédier par celle-ci.


Bibliographie

Ouvrage

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Annexe 

Déclaration du président Robert Mugabe
 « Cela dégrade la dignité humaine. C'est contre nature, et il n'en pas du tout question de permettre à ces personnes de se comporter pire que des chiens et des porcs. Si les chiens et les porcs ne le font pas, pourquoi les êtres humains le doivent-ils ? Nous avons notre propre culture, et nous devons nous reconsacrer à nos valeurs traditionnelles qui font de nous des êtres humains. […] Ce qu'on veut nous faire accepter est un comportement sous-animal et nous ne le permettrons jamais ici. Si vous voyer des gens parader comme des lesbiennes et des gays, arrêtez-les et livrez-les à la police ! »[47]



[1]Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, Coll. Quarto, Paris : Gallimard, 1999, p.27
[2]Colin Spencer, Histoire de l'homosexualité de l'Antiquité à nos jours,  Paris : Le Pré aux Clercs, 1995, p.28
[3]Florence Tamagne,  Histoire de l'homosexualité en Europe, Paris : Seuil, 2000, p.46
[4]Ces neuf États sont : Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite, Mauritanie, Émirats Arabes Unis, Yémen, Pakistan, Soudan, Tchétchénie
[5]The United Nations refugee Agency[UNHCR], Zimbabwe: Situation of gays and lesbians including, societal attitudes, treatment by government or security forces and availability of state protection, en ligne, http://www.unhcr.org/refworld/topic,4565c22547,4565c25f55d,3df4becb0,0.html, page consultée le 22 mars 2011
[6]Radio France internationale[RFI], Grâce présidentielle pour un couple homosexuel,  en ligne, http://www.rfi.fr/contenu/20100530-grace-presidentielle-couple-homosexuel, page consultée le 28 mars 2011
[7]Organisation des Nations Unies [ONU], Charte des Nations Unies, en ligne, http://www.un.org/fr/documents/charter/, page consultée le 3 avril 2011.
[8] Idem.
[9]Oliver Phillips, « Zimbabwe », in Sociolegal control of homosexuality: A multy-nation comparison, sous la dir. Donald J. West et Richard Green, p.43-55, Coll. Prespectives in sexuality, New York: Plenum Press, 1997, p.43
[10] Ibid., p.44
[11] Ibid., p.45
[12] Ibid., p.46
[13] Ibid., p.45
[14]UNHCR, Zimbabwe: Situation of gays and lesbians including, societal attitudes, treatment by government or security forces and availability of state protection.
[15] Phillips, p.47
[16] UNHCR, Zimbabwe: Situation of gays and lesbians including, societal attitudes, treatment by government or security forces and availability of state protection.
[17] Idem.
[18] Phillips, p.43
[19]A. J. G. M. Sanders, Homosexuality and the Law: A Gay Revolution in South Africa?, Journal of African Law, vol. 41, no 1 (1997), p.103
[20]David A.J.Richard, Identity and the case for Gay rights : Race, gender, religion as analogies, Chigago:The University of Chicago Press, 1999, p.8
[21] Jean-Jacques Rousseau, Sophie ou la femme, Paris : GF-Flammarion, 2009 [1762], p.516 
[22] Pierre-Joseph Proudhon,  De la justice dans la révolution et dans l’église, Paris : Gayard, 1990, p.1946
[23] Idem.
[24] Proudhon, p.1955
[25] Ibid., p.1953
[26] Ibid., p.1948
[27]Convention sur les droits de la femme à Seneca Falls, Déclaration de sentiments et Résolutions, juillet 1848, (dans Claudette Fillard, Elizabeth Cady Stanton : Naissance du féminisme américain à Seneca Fall, Lyon, ENS, 2009, p.105
[28]Olympe de Gouge, « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », [1791---extraits], in Grandes voix du féminisme, sous la dir. de Nicole Pellegrin, Paris : Le Monde/Flammarion, 2010,  p.78
[29] Ibid., p.76
[30] Idem.
[31] A.J.Richard, p.66
[32] Marc Epprecht, Hungochani: the history of a dissident Sexuality in Southern Africa, Montreal : McGill-Queen's University Press, 2004, p.26
[33] Idem.
[34] Epprecht, p.52
[35]Phillips, p.48-49
[36]Ibid., p.49
[37]Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme [HCDH], Zimbabwe, en ligne, http://www.ohchr.org/FR/countries/AfricaRegion/Pages/ZWIndex.aspx, page consultée le 4 avril.
[38]ONU, Charte des Nations Unies.
[39]Gilles Halais, l’ONU : divisée sur la dépénalisation de l’homosexualité, en ligne, http://www.france-info.com/monde-institutions-internationales-2008-12-19-l-onu-divisee-sur-la-depenalisation-de-l-homosexualite-227765-14-20.html, page consultée le 28 janvier 2011.
[40]Wayne R. Dynes et Stephen Donaldson,  Homosexuality, discrimination, criminology and the law,  New-York : Garland, 1992, p.80.
[41]Richard D. Mohr, Gays justice: a study of ethics,society and law, New-York: Columbia University Press, 1988, p.44.
[42]Michel Dorais et Simon L.Lajeunesse, Dead boys can’t dance : sexual orientation, masculanity and suicide, Montréal : McGill-Queen's University Press, 2004, 127 p.
[43]Christophe Broqua, Actions et traitements, Africains homosexuels et sida : le silence enfin rompu, en ligne, http://www.actions-traitements.org/spip.php?article2613, page consultée le 22 février 2011
[44] Idem
[45] Idem  
[46]Daniel T. Halperin et al. A Surprising Prevention Success: Why Did the HIV Epidemic Decline in Zimbabwe? Plos Medicine, 2011, p.6
[47] The United Nations refugee Agency[UNHCR], Zimbabwe: Situation of gays and lesbians including, societal attitudes, treatment by government or security forces and availability of state protection, en ligne, http://www.unhcr.org/refworld/topic,4565c22547,4565c25f55d,3df4becb0,0.html, page consultée le 22 mars 2011



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