lundi 26 mars 2012

Importance des interventions en milieux jeunesse

C’est avec un grand plaisir que j’ai accepté l’invitation du GGUL à venir témoigner de l’importance des organismes tels que GRIS-QUÉBEC impliqué à combattre l’intimidation, l’homophobie et tous les préjugés entourant ces sujets.

Je me présente Stéphane Fredette, pompier à la ville de Lévis depuis 1988 et démystificateur en milieu jeunesse depuis septembre 2006 pour l’organisme GRIS-QUEBEC. Homosexuel depuis toujours, mais ce n’est qu’en 2002 que j’ai finalement accepté de vivre vraiment ce que je suis. Après avoir vécu un début de vie avec plein d’interrogations sur qui j’étais vraiment, une pression sociale présente dans la vie de tous les jours, j’ai dû mettre de côté qui j’étais vraiment pour vivre une vie que je considère d’hétéro. C’est finalement en 2002, après avoir écouté à plusieurs reprises la vidéo de ma vie, que j’ai finalement réalisé et accepté de vivre qui j’étais réellement. Malgré tout cela je ne regrette en rien le passé, la vie m’a donné trois beaux enfants que j’adore, et comme je dis très souvent, j’ai le meilleur des deux mondes : je vis ce que je suis et j’ai mes propres enfants.

Par le fait même, c’est un peu à cause d’eux et avec le désir de contribuer à notre société que je me suis impliqué au printemps 2006 auprès de l’organisme GRIS-CHAUDIÈRE-APPALACHES et, dès l’automne 2006, une implication très active aux démystifications en milieu jeunesse pour l’organisme GRIS-QUEBEC.

Je compte actuellement à mon actif environ 250 démystifications en milieux jeunesse et je trouve très importante la présence de cet organisme dans ces milieux. Cet organisme a pour but de sensibiliser les jeunes à la diversité sexuelle, et plus précisément à les sensibiliser à l’homosexualité et à l’homophobie qui entoure le sujet.

Alors la présence des GRIS en milieu jeunesse, du GGUL sur le campus universitaire, de GLBT, de MIELS–Québec ou de tout autre organisme jeunesse ou jeune adulte et des organismes de prévention est très importante pour notre société.

L’impact de notre passage est palpable. Il est très agréable de lire les commentaires laissés par les jeunes dans le questionnaire qu’ils ont à remplir, en début et en fin de rencontre. Les commentaires sont mon salaire de bénévole et c’est là qu’on s’aperçoit de l’impact de notre passage en milieu jeunesse et c’est ce qui me pousse à continuer dans le même sens.

Quand on voit des élèves craintifs à notre arrivée venir nous dire merci à la fin de la période, ou bien dans un autre cas un étudiant qui fait un geste de recul lorsque je distribue les questionnaires et qu’à la fin de la rencontre, il vient nous dire merci en nous donnant la main, je peux vous dire « oui, mission accomplie ».

Dans une autre démystification, un élève immigrant que l’enseignante au départ ne voulait tout simplement pas laisser participer à la rencontre à cause de ses propos homophobes, bien ce même étudiant nous a posé plusieurs questions intéressantes jusqu’au moment où il nous regarde tous les deux et nous dit : « je ne vous crois pas, vous n’êtes pas gais, vous nous jouez un tour ». Alors ça nous prouve que oui, nous avons de l’impact auprès des jeunes. Il faut simplement dire les vraies choses aux jeunes, ils sont intelligents et capables de comprendre quand nous prenons le temps de leur expliquer les impacts avec le vrai vécu des bénévoles.

Que ce soit l’homophobie, l’intimidation, la violence, les préjugés, il ne faut tout même pas dramatiser à l’extrême. Oui, ça existe malheureusement encore en 2012 et cela existera toujours. Par contre, c’est à nous comme citoyens, intervenants, parents, communauté scolaire d’intervenir pour éduquer et informer les jeunes qui formeront notre société de demain. N’oublions pas que ce sont nous, les adultes, qui apprenons à nos enfants à avoir des préjugés. Et malheureusement, ces préjugés grandissent aussi vite que nous grandissons.

Depuis 2006, je constate tout de même une grande ouverture chez nos jeunes, mais ce qu’ils ne veulent surtout pas, c’est la morale de nous les adultes. Nos jeunes sont curieux, ils veulent que l’on leur dise les vraies choses, ils veulent tout simplement comprendre, être informés, et nous devons leur faire confiance et c’est le défi que je me suis donné en m’impliquant au GRIS-QUEBEC.

J’ai la chance de pouvoir donner des conférences en milieu jeunesse grâce à GRIS-QUÉBEC et à mon horaire de pompier, et ce que j’observe lors de mes conférences ou dans mon milieu de travail, c’est que l’homosexualité est un sujet encore très tabou. Jeune versus adulte, discuter de sexualité ce n’est pas un sujet que l’on aborde à l’heure du souper dans la majorité des familles, alors parler de l’homosexualité, c’est un sujet encore moins évident. Par contre, entre jeunes, le sujet est un petit peu plus ouvert, les jeunes connaissent pour la majorité d’entre eux au moins une personne homosexuelle dans leur entourage.

Lors de démystifications, quand nous entrons en classe et que les intervenants, les enseignants nous présentent comme bénévoles pour GRIS-QUEBEC et que nous sommes en classe pour parler de l’homosexualité, on observe souvent un inconfort et des petits rires surtout chez les garçons. Cet inconfort laisse heureusement place après quelques instants à des questions très intéressantes. Que ce soit : comment vos parents ont réagi, avez-vous perdu des amis, comment avez-vous réalisé que vous étiez homosexuel, comment vos enfants vivent-ils avec le fait leur père soit gai, vos confrères de travail sont-ils au courant, avez-vous ou vivez-vous de la violence ou l’homophobie. Les jeunes sont curieux et ne veulent surtout pas être différents des autres.

En fait, personne ne veux être différent des autres et je leur démontre par mon vécu que d’être gai, bi, hétéro, ce n’est pas important, l’important c‘est de se respecter comme individu et de respecter les autres, l’amour n’a pas d’orientation, il n’a pas de sexe, on ne tombe pas en amour avec un gars, on ne tombe pas en amour avec une fille et on ne tombe surtout pas en amour avec un sexe, on tombe en amour avec une personne et je crois que la différence est simplement là.

Je leur mentionne aussi qu’ils sont la société de demain, qu’ils ont entre leurs mains la possibilité de vivre dans une société ouverte ou fermée, il n’en tient qu’à eux de prendre les bonnes décisions et de garder en tête qu’un jour, la majorité d’entre eux seront des parents et que leurs futurs enfants ne seront peut-être pas à l’abri de l’intimidation, des préjugés et qu’un jour un de leurs enfants leur annoncera peut-être qu’il est homosexuel.

En terminant, que ce soit l’homophobie, la violence ou l’intimidation, il y a une réalité propre à chacun, une réalité de milieu, que ce soit social, familial, scolaire, ou tout autre, il faut simplement prendre le temps d’analyser les situations et d’informer, d’éduquer les gens correctement. Les médias ont un grand rôle à jouer dans tout cela, mais exercent-ils toujours les bons rôles, je n’en suis pas sûr.

Alors, félicitations pour le bon travail déjà réalisé par tous les organismes et donnons-nous la main afin de mettre l’énergie nécessaire pour atteindre les buts que chacun des organismes se sont fixés, et comme le témoigne le calendrier des activités de la Fête de la diversité sexuelle sur le campus, il vient confirmer que la présence et la nécessité de telles organismes sont essentiels à l’avancement et à la conscientisation de notre société.

Merci de votre présence à vous tous!

Stéphane Fredette

Bénévole au GRIS-Québec

0 commentaires:

Publier un commentaire