vendredi 30 mars 2012

Éduquer à la richesse sociale pour prévenir le suicide

Source : Association québécoise de prévention du suicide

L’auteur de Mort ou fif, la face cachée du suicide chez les garçons publie une nouvelle étude de l’autre côté de l’Atlantique. Dans sa toute récente recherche Être homo aujourd’hui en France, Michel Dorais révèle que l’ostracisme, le rejet par les parents, la famille et les amis, l’intimidation et les peurs qui affectent les jeunes GLBT sont en lien étroit avec les tentatives de suicide que plusieurs d’entre eux racontent avoir effectuées.

Qu’elles soient menées en France, au Québec, aux États-Unis ou ailleurs, les recherches montrent malheureusement que la situation varie peu : les jeunes gais commettraient environ 10 fois plus de tentatives de suicide que leurs pairs hétérosexuels. Ils sont aussi plus à risque de récidive après avoir commis une première tentative.

Affirmation de soi et rejet social

Ayant exploré le vécu de 500 jeunes gais et lesbiennes français interviewés via Internet depuis le Québec, le chercheur précise que « les adolescent(e)s se découvrent homosexuel(le)s de 2 à 3 ans plus jeunes qu’autrefois, mais aussi se révèlent 4 ou 5 ans plus tard. La période au cours de laquelle les jeunes se savent homosexuel(le)s sans le partager est donc considérablement plus longue qu’auparavant. Et c’est durant cette période qu’ils sont le plus fragiles, le plus à risque de stress, de dépression, de fuite dans l’alcool ou la drogue et finalement de tentative de suicide. » Même après cette période, l’affirmation de son orientation sexuelle peut à tout moment susciter du rejet social.

Les lois évoluent plus vite que les mentalités

Quelques jours avant un départ pour la France, Michel Dorais rappelait qu’au Québec aussi, la situation est loin d’être idéale pour les homosexuel(le)s malgré les avancées législatives. Pour ce spécialiste de la sociologie de la sexualité, la grande responsable est l’éducation. Les jeunes ne sont pas mieux éduqué(e)s qu’autrefois : on ne leur apprend pas vraiment à composer avec la diversité sexuelle. Aujourd’hui, les médias sociaux amplifient le phénomène d’ostracisme en répétant les insultes déjà entendues cent fois dans la journée. Selon lui, la clé réside donc dans une meilleure formation : « Il faut faire avec la diversité sexuelle ce que l’on a fait avec la diversité humaine, cette démarche a mené à une diminution du racisme. Faisons en sorte que chacun réalise que cette diversité est un atout pour la société » partage le professeur titulaire de l’École de service social de l’Université Laval.

Une préoccupation pour les acteurs de la prévention du suicide

Consciente du rapprochement existant entre les problématiques de l’homophobie et du suicide, l’Association québécoise de prévention du suicide a tenu à inclure les réalités GLBT dans ses préoccupations. Depuis quelques mois, grâce au soutien de la Stratégie d’action jeunesse 2009-201, plusieurs actions sont tournées vers l’inclusion sociale des personnes GLBT : réalisation d’une vidéo partageant le témoignage de Steve Foster, président-directeur général du Conseil québécois des gais et lesbiennes (à voir sur www.ajoutermavoix.com), soutien de projets de sensibilisation menés par les étudiant(e)s du Collège Mérici à Québec, formation des intervenant(e)s en prévention du suicide et journée thématique lors du Grand Forum de la prévention du suicide en septembre 2012.

Besoin d’aide pour vous ou pour un proche : 1 866 APPELLE (277-3553)

www.aqps.info

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