lundi 26 mars 2012

Discours d'ouverture

Mesdames, Messieurs, et personnes autrement genrées,

Bonjour et bienvenue à la conférence de presse du Groupe gai de l’Université Laval, autrement reconnu sous l’acronyme GGUL, prévue dans le cadre de la Fête de la diversité sexuelle 2012 dont le thème est « L’orientation dans tous les sens ». Je me présente Anne-Sophie Ruest-Paquette, présidente du GGUL depuis septembre 2011.

Fondé en 1978, le GGUL est le plus ancien groupe universitaire toujours actif de son genre au Québec. Créé par et pour les étudiants lesbiennes, gais et bisexuels à l’Université Laval, le GGUL est également ouvert aux membres du personnel, aux non-étudiants, aux personnes transidentifiées, c’est-à-dire transgenres ou transsexuelles, et aux hétérosexuels. Dorénavant, lorsque j’emploierai l’appellation personnes LGBT, ce sera en référence aux personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transidentifiées.

Depuis septembre dernier, le GGUL entretient et a établi des partenariats avec plusieurs organismes à Québec et à Montréal, de même qu’avec d’autres associations ou services étudiants, si bien que nous jouissons d’une réputation en tant qu’association étudiante mobilisée et organisée dans ces deux villes. Les partenariats dont il est question ont notamment été forgés pour l’organisation d’événements ponctuels, dont la Journée mondiale de lutte contre le VIH/Sida sur le campus en décembre 2011, la Fête de la diversité sexuelle en cours, le Festival Altern’Art ainsi que la Journée internationale de lutte contre l’homophobie prévus en mai prochain et la Fête Arc-en-ciel 2012.

En plus de ces activités, nous avons présenté la 9ième édition de notre Spectacle bénéfice annuel, initié la mise sur pied d’un réseau scientifique réunissant les membres de la communauté universitaire qui s’intéressent à des questions reliées à la diversité sexuelle et œuvrons présentement à l’autoproduction d’un recueil de textes rédigés par nos membres dont le lancement est prévu au Studio P le jeudi 17 mai dans le cadre du Festival Altern’Art et en l’honneur de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie. Autrement dit, le GGUL se démarque en tant qu’association étudiante innovante et participative, tant en ce qui a trait à la vie étudiante sur le campus, qu’au dynamisme de la communauté LGBT à Québec.

Au-delà des impacts qu’il engendre chez ses membres sur les plans du réseautage social, de l’implication étudiante, du sentiment d’appartenance à la communauté universitaire et de la construction identitaire, le GGUL constitue l'unique organe associatif dont la mission première est de veiller à la représentation, au respect, à la visibilité et à la célébration de la diversité sexuelle sur le campus de l'Université Laval. C’est d’ailleurs dans le respect de notre mission que nous organisons annuellement la Fête de la diversité sexuelle.

En ce qui a trait au thème ciblé cette année dans le cadre de cette Fête, c’est-à-dire « L’orientation dans tous les sens », il a principalement été choisi à des fins d'inclusion, dans la mesure où toute orientation et identité sexuelle est comprise dans notre définition de la diversité sexuelle. Qui plus est, il est représentatif de la multitude des dimensions comprises dans l’orientation sexuelle, à savoir l’attirance sexuelle, affective, intellectuelle, et j’en passe. Ainsi et tel que le suggère notre thème, bien que l’orientation sexuelle et l’identité sexuelle soient des facettes identitaires parmi d’autres, elles nous concernent tous et s’expriment bien au-delà de nos pratiques sexuelles.

En ce qui regarde le GGUL à proprement parler, il y a des personnes qui, à ce jour, remettent en cause la pertinence d’un tel groupe sur le campus. S’ensuivent des extraits de témoignages fournis par nos membres qui attestent sans contredit de cette pertinence :

« Si un des buts premiers du [GGUL] est avant tout de briser l'isolement vécu par ceux s'identifiant à un genre ou une orientation différente de la majorité, il œuvre également à briser celui que plusieurs vivent en arrivant à l'université.»

« Dans mon village, être gai est vu comme une maladie […] Je me suis inscrit au GGUL par curiosité et j'y ai rencontré des personnes formidables, avec qui j'ai pu être moi-même […] Aujourd'hui je me sens mieux dans ma tête avec le fait que je sois gai.
Selon moi le GGUL y est pour beaucoup […] »

«Je ne connaissais personne lorsque je suis déménagée à Québec. Ainsi et d’un point de vue social, les activités du GGUL m’ont permis…

…de briser l’isolement dont je souffrais à l’époque;

…de côtoyer des francophones ou francophiles du Québec […] et d’ailleurs;

…de me lier d’amitié avec des personnes dont les talents, les intérêts et les styles de personnalité sont représentatifs de la diversité qui s’exprime au sein de la communauté LGBT;

[…]

En bref, le GGUL c’est ma famille à Québec. »

« D’un point de vue associatif, le GGUL m’a incitée à vouloir m’impliquer sur un campus universitaire, et ce, pour la première fois depuis ma sortie du secondaire. J’y acquiers de l’expérience en gestion de projets et d’équipe, puis ai l’occasion de peaufiner mes aptitudes en leadership. »

« Le GGUL a encore aujourd'hui sa raison d'être puisqu'au-delà des droits déjà acquis, il faut arriver à une plus grande acceptation et à une représentation plus nuancée de la diversité sexuelle. »

À ces messages, j’ajouterais le suivant : Tant et aussi longtemps que l’homophobie et l’hétérosexisme seront d’actualité, l’hétérosexisme étant une idéologie selon laquelle l’hétérosexualité est la seule orientation sexuelle normale et acceptable, le GGUL et les associations comme la nôtre le seront également. Tant et aussi longtemps que nos espaces seront vandalisés, comme ce fut le cas de notre murale dans les couloirs souterrains il y a de cela quelques années, nous aurons notre place sur les campus universitaires. Tant et aussi longtemps que les personnes LGBT devront craindre, voire même connaître le rejet de leurs proches en réaction au dévoilement de leur orientation ou identité sexuelle, notre présence sera nécessaire. Tant et aussi longtemps qu’il y aura des personnes LGBT qui hésiteront à vivre leur amour ouvertement de peur d’être violentées, elles auront besoin de notre soutien. Tant et aussi longtemps que les droits et libertés de nos confrères et consœurs LGBT seront menacés à l’échelle locale ou globale, nos initiatives seront justifiées. Enfin, tant et aussi longtemps que les jeunes personnes LGBT ou perçues en tant que telles seront persécutées dans les écoles, nous aurons une raison d’être, notamment puisque nous serons parmi les regroupements au sein desquels ces jeunes devenus adultes se rassembleront.

À ce propos et compte tenu de la problématique de l’intimidation en vertu du genre ou de l’orientation sexuelle en contexte scolaire, le GGUL a décidé cette année de produire une vidéo à la manière de la campagne « It Gets Better » dans le but de livrer un message d’espoir aux jeunes personnes LGBT vivant de l’intimidation ou un sentiment d’isolement à l’école. Nous avons au surplus voulu démontrer que nous pouvons tous contribuer à notre façon aux mesures de sensibilisation et d’intervention dans la lutte contre l’homophobie en milieu scolaire, et ce, peu importe notre statut. La formule vidéo nous apparaissait comme un moyen viable pour faire notre part. De notre point de vue, toutes les manifestations de solidarité envers ces jeunes sont bonnes. Au total, huit membres ont accepté de livrer leur témoignage. Le CA du GGUL a également produit un message à l’intention des adultes qui côtoient quotidiennement la population visée.

Sans plus tarder, il me fait plaisir de vous dévoiler notre vidéo d’espoir. J’inviterai par la suite nos invités spéciaux à prendre la parole tour à tour.

Bon visionnement.

Anne-Sophie Ruest-Paquette

Présidente

GGUL

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