samedi 31 mars 2012

La diversité au menu: Le collectif Nous sommes ici présente La Date

par Mario Racine


Pour la nouvelle création du collectif Nous sommes ici, les acteurs, qui jouent leur propre rôle, nous invitent à entrer dans leur intimité pour une « date » (à prononcer à l’anglaise) des plus pimentées au cours de laquelle ils racontent de vraies rencontres amoureuses. Mais attention, il ne s’agit pas ici d’histoires à l’eau de rose.


Ceux qui nous ont présenté précédemment le docu-théâtre sur les personnificateurs féminins Changing Room reviennent avec un spectacle où le contact acteurs-spectateurs est mis à l’avant-plan. Mais, cette fois, sans l’aide de technologies multimédias, afin de faire ressortir l’essentiel des propos.


Deux filles (hétéros) et trois gars (deux gais, un hétéro) à l’aube de la trentaine, pas pressés de s’engager dans un couple, discutent lors d’un souper entre amis. Tour à tour, ils confient leurs histoires de cul et leurs rencontres. Soudainement, groupe se remet en question quant à leurs choix de vies et à leur vision de l’amour lorsqu’un des convives fait une révélation qui bouscule le cours des évènements.


La proximité entre la scène et le public est le leitmotiv de cette pièce interactive, où les spectateurs prennent part à l’histoire. Car pour Alexandre Fecteau, acteur, coauteur et metteur en scène de la pièce, jouer avec le public est ni plus ni moins que l’amour du moment présent. « Il y a quelque chose qui vient chercher l’attention des gens lorsqu’on les intègre au jeu. Tout peut arriver, c’est une force que le théâtre a, mais que le cinéma n’a pas » renchérit Fecteau.


Avec humilité et sans complexe, les personnages se livrent en flirtant parfois avec les extrêmes des situations : « Nous racontons des histoires d’amour et de sexe, nous parlons du plaisir, et ce, sans censure. Nous sommes partis de la vérité, de notre vérité. Nous avons choisi nos pires histoires, où nous avons eu l’air le plus tordu, ridicule ou méchant » affirme Alexandre Fecteau.


S’adressant aux gens de tous âges, aux éternels célibataires qui n’ont pas facilement les oreilles choquées, cette création tire profit d’une mise en scène festive, où musique, plaisir et alcool font bon ménage. Les passionnés des relations humaines qui se questionnent sur l’amour et sur l’engagement auront quelque chose à se mettre sous la dent avec les propos tenus par les personnages, mais vivront parfois des malaises. Les gens qui aiment être déroutés et qui apprécient les émotions fortes au théâtre se régaleront du menu de ce souper entre amis. Et pour vous faire sentir comme dans un véritable souper, vous pouvez apporter votre vin!


La Date : du 20 mars au 7 avril 2012 à 20h à Premier Acte au 870, rue de Salaberry). Billets : www.billetech.ca ou 418 643-8131.

vendredi 30 mars 2012

Des profs et des démystifications: résultats préliminaires d’une recherche

La genèse : petite tranche de vie

En juin 1996, après un dernier examen final, je quitte enfin mon école secondaire sherbrookoise après des années de joies, de folies et d’apprentissages passionnants, mais aussi d’intimidation et d’agressions homophobes. Au bout de la rue, en me retournant une dernière fois, je hurle ma colère et ma frustration. Je ne désirais alors qu’une chose : aller au cégep et ne plus entendre le mot « fif » de ma vie, mettre mes questionnements sur mon orientation sexuelle et tutti quanti derrière moi et ne plus y penser ni y faire face. Pourtant, dix ans et un coming out plus tard, je viens travailler à Québec pour l’organisme MIELS-Québec où je supervise le programme destiné... aux hommes gais, bisexuels et en questionnement! Quand on chasse le naturel... C’est le passage du temps, des amours et les expériences positives vécues dans la communauté gaie qui m’ont donné l’envie de transformer mes anciennes souffrances en action aux retombées positives. En 2008, je m’inscris à l’Université Laval à la maîtrise en service social et, sans grande surprise, j’arrête mon choix de sujet de recherche sur la prévention de l’homophobie et de l’hétérosexisme à l’école secondaire. Mes deux années d’expérience dans un organisme communautaire m’ont donné l’envie d’élaborer un projet qui sera utile et qui n’ira pas simplement s’empoussiérer sur les tablettes d’une bibliothèque. Alors, lorsque la possibilité de m’associer avec le GRIS-Québec se présente, je saute (de joie) sur l’occasion. À la suggestion de Kévin (ancien intervenant aux services d’information et de sensibilisation du GRIS-Québec) et d’André (directeur général du GRIS-Québec), j’oriente ma recherche sur les besoins et les perceptions qu’ont les enseignantes et enseignants qui ont reçu une démystification dans leur classe. Je suis prêt!

La méthodologie en bref

Pour réaliser cette recherche, j'ai eu un entretien avec dix personnes enseignantes qui ont reçu une démystification dans leur classe au cours des dernières années. Tous et toutes travaillent sur le territoire desservi par le GRIS-Québec. Plus précisément, il s’agit de sept femmes et trois hommes âgés de 28 à 59 ans. Sept personnes enseignent dans des écoles publiques, deux autres, dans des écoles privées et une, dans un centre de formation professionnelle. La plupart ont des élèves en secondaire quatre ou cinq. Les entrevues avec ces dix répondants ont eu lieu entre les mois d’août et de décembre 2010.

Réalisées dans les écoles et les milieux jeunesse de la région de la Capitale-Nationale, les démystifications du GRIS-Québec sont réalisées sous forme de témoignages par des bénévoles spécialement formés pour répondre aux questions sur l’homosexualité et la bisexualité. Cette méthode pédagogique permet de créer un dialogue avec les personnes rencontrées sur la question des orientations sexuelles et de favoriser chez elles une prise de conscience à l’égard des préjugés et des comportements homophobes dans leur milieu. Par cette approche, l’organisme désire également offrir un soutien à ceux qui vivent difficilement leur orientation sexuelle en les informant des ressources offertes dans leur région.

Résultats préliminaires

Il est possible de faire certains constats en ce qui a trait à la perception et aux besoins du personnel scolaire interrogé. D’abord, par rapport aux perceptions, les répondants remarquent que les personnes (élèves ou collègues) non conformes au genre sont stigmatisées ou présumées homosexuelles. Comme d’autres recherches l’ont montré, l’utilisation des mots « fif » et « tapette » est omniprésente chez les jeunes et les enseignants mettent beaucoup d’énergie à freiner l’utilisation de ce vocabulaire que les jeunes ne perçoivent pas toujours comme homophobe. D’après eux, certains jeunes garçons éprouvent parfois un dégoût exagéré envers la sodomie qu’ils généralisent à toute relation affective et sexuelle entre hommes. Il n’y a pas de consensus chez les personnes interrogées sur l’âge idéal pour recevoir un atelier. Les jeunes de 12-15 ans sont considérés trop immatures par certaines, alors que d’autres croient que c’est à cet âge que l’atelier est le plus pertinent. Tous les répondants considèrent comme primordiale l’égalité juridique et sociale entre les hétérosexuels et les homosexuels. Cependant, la visibilité à travers les événements « gais » (ex. Parade, Jeux olympiques) et la non-conformité au genre (ex. homme « efféminé », femme « Tomboy ») suscitent des malaises chez certains répondants.

Toujours selon les enseignantes et enseignants, les jeunes LGB seraient de mieux en mieux acceptés dans les milieux scolaires même s’il reste encore de l’intimidation homophobe. Les parents (et la société) sont parfois pointés du doigt, car ils ont un rôle à jouer dans la prévention. En ce sens, quelques répondants semblent atteindre un point de saturation par rapport à la culpabilisation de type « L’école/les profs ne font rien ». Les enseignants LGB, selon ce que rapportent les répondants, ne dévoilent pas leur homosexualité aux élèves au nom de la vie privée et par peur de la moquerie. Leur orientation sexuelle n’est pourtant souvent qu’un secret de Polichinelle. Enfin, l’action communautaire est cruciale, car elle remplit l’espace laissé vacant par le curriculum scolaire et l'absence de prévention spécifiquement dédiée à l’homophobie. Certaines personnes notent au passage le manque de visibilité du GRIS-Québec. Maintenant que l’on comprend mieux qu’elles sont les perceptions qu’entretiennent les enseignantes et enseignants, regardons leurs besoins en lien avec la prévention de l'homophobie et de l’hétérosexisme dans leur milieu. Les enseignants affirment en général être satisfaits, voire parfaitement satisfaits des ateliers. Le GRIS-Québec comble leurs besoins de préparation avant la venue en classe. Aussi, les enseignants semblent généralement à la recherche de modèles (bénévoles) masculins et féminins conformes aux stéréotypes du genre. Les bénévoles « efféminés » ou « Tomboy » sont acceptés s’ils dégagent beaucoup de confiance en eux. En résumé, les enseignants souhaitent que les bénévoles :

1) brisent les stéréotypes, notamment celui du gai « efféminé » ou de la lesbienne masculine;

2) rationalisent le dégoût exagéré de la sodomie généralisée à toutes les relations entre hommes;

3) parlent de manière concrète du vécu social et affectif des personnes LGB;

4) sensibilisent aux conséquences du vocabulaire homophobe;

5) abordent le thème de la séduction (homo envers hétéro) et dédramatisent un tel événement;

6) abordent l'importance des pratiques sexuelles protégées.

Vincent Chouinard

Étudiant à la maîtrise en service social et

bénévole démystificateur au GRIS-Québec

Université Laval

*****

Mission du GRIS-Québec (Groupe régional d’intervention sociale)

Promouvoir une vision positive de l’homosexualité et de la bisexualité en vue de favoriser une intégration harmonieuse des personnes gaies, lesbiennes et bisexuelles dans la société. L’organisme œuvre depuis 1996.

Ateliers de démystification

Réalisées dans les écoles et les milieux jeunesse de la région de la Capitale-Nationale, les démystifications du GRIS-Québec sont réalisées sous forme de témoignages par des bénévoles spécialement formés pour répondre aux questions sur l’homosexualité et la bisexualité. Cette méthode pédagogique permet de créer un dialogue avec les personnes rencontrées sur la question des orientations sexuelles et de favoriser chez elles une prise de conscience à l’égard des préjugés et des comportements homophobes dans leur milieu. Par cette approche, nous désirons également offrir un soutien à ceux qui vivent difficilement leur orientation sexuelle en les informant des ressources offertes dans leur région.

Les démystifications 2010-2011

Bénévoles impliqués 42

Heures de bénévolat +/- 1392

Milieux d’intervention visités 64

Ateliers de démystification réalisés 232

Personnes rencontrées (25 personnes / atelier) +/- 5800

Conférences adaptées

Les conférences adaptées sont offertes dans les établissements postsecondaires et les milieux de pratique afin de sensibiliser et d’outiller les futurs intervenants et enseignants, ou ceux oeuvrant déjà sur le marché du travail, aux réalités homosexuelles et bisexuelles et à l’intervention auprès des jeunes lesbiennes, gais et bisexuels.

Kiosques d’information

Le GRIS-Québec se déplace dans les différentes commissions scolaires et les établissements postsecondaires de la région afin de présenter sa mission et ses services, en plus de profiter de l’occasion pour sensibiliser la population aux réalités homosexuelles et bisexuelles.

L’Accès

Depuis septembre 2004, L’accès est un milieu de vie pour les jeunes gais, lesbiennes, bisexuels ou en questionnement et leurs amis âgés de 14 à 25 ans. C’est un milieu ouvert le mercredi, jeudi et vendredi soir où les jeunes peuvent partager leur vécu. L’accès offre diverses activités à caractère communautaire, culturel et sportif. Nous y offrons aussi des services d’aide et de références aux jeunes vivant certaines difficultés en lien ou non avec leur orientation sexuelle. Au cours de l’année 2010-2011, 52 nouveaux jeunes se sont joints au milieu de vie pour un total de 1001 personnes.

Programme Jumelage

Mis en place au cours des derniers mois, le programme Jumelage a pour objectif de donner aux jeunes LGB âgés de 14 à 25 ans la possibilité d’être accompagnés dans ce qu’ils vivent plus difficilement ou dans leurs questionnements, en lien avec leur orientation sexuelle. Ce sont des pairs bénévoles, dûment formés par notre organisme, qui jouent le rôle d’accompagnateurs.

L’Accès-Parents

Lorsque les adolescents ou les jeunes adultes décident de dévoiler (et non avouer; avouer quelque chose réfère à un crime) leur homosexualité, leur bisexualité ou leur questionnement face à leur orientation sexuelle, la période qui suit soulève plusieurs interrogations et de l’incertitude pour les parents. L’Accès-Parents les accompagne dans le processus d’acceptation de l’homosexualité ou de la bisexualité de leur jeune. Ce service a pour but de briser l’isolement, de partager ce qui est vécu, de permettre d’exprimer les craintes et les questionnements en rapport avec le dévoilement de son enfant. Il offre aussi l’opportunité de s’informer sur les réalités homosexuelles et bisexuelles.


Intervention téléphonique

Le rayonnement de l’organisme se fait sentir de bien des façons, notamment quand des professionnels de l’éducation, de la santé et des services sociaux, des parents ou des jeunes, à la recherche de référence, d’informations diverses ou parce qu’ils veulent se confier à quelqu’un qui saura les entendre, font appel à nous par le biais du téléphone. S’il s’agit d’une manière de préserver leur anonymat pour certains, le téléphone est aussi pour d’autres une façon de pouvoir obtenir rapidement des réponses à des questions qui concerne la diversité sexuelle, quelques fois dans des contextes d’isolement ou de détresse. Bien que nous n’ayons pas de ligne d’écoute à proprement parler, les appels de demandes de soutien sont nombreux.

Éduquer à la richesse sociale pour prévenir le suicide

Source : Association québécoise de prévention du suicide

L’auteur de Mort ou fif, la face cachée du suicide chez les garçons publie une nouvelle étude de l’autre côté de l’Atlantique. Dans sa toute récente recherche Être homo aujourd’hui en France, Michel Dorais révèle que l’ostracisme, le rejet par les parents, la famille et les amis, l’intimidation et les peurs qui affectent les jeunes GLBT sont en lien étroit avec les tentatives de suicide que plusieurs d’entre eux racontent avoir effectuées.

Qu’elles soient menées en France, au Québec, aux États-Unis ou ailleurs, les recherches montrent malheureusement que la situation varie peu : les jeunes gais commettraient environ 10 fois plus de tentatives de suicide que leurs pairs hétérosexuels. Ils sont aussi plus à risque de récidive après avoir commis une première tentative.

Affirmation de soi et rejet social

Ayant exploré le vécu de 500 jeunes gais et lesbiennes français interviewés via Internet depuis le Québec, le chercheur précise que « les adolescent(e)s se découvrent homosexuel(le)s de 2 à 3 ans plus jeunes qu’autrefois, mais aussi se révèlent 4 ou 5 ans plus tard. La période au cours de laquelle les jeunes se savent homosexuel(le)s sans le partager est donc considérablement plus longue qu’auparavant. Et c’est durant cette période qu’ils sont le plus fragiles, le plus à risque de stress, de dépression, de fuite dans l’alcool ou la drogue et finalement de tentative de suicide. » Même après cette période, l’affirmation de son orientation sexuelle peut à tout moment susciter du rejet social.

Les lois évoluent plus vite que les mentalités

Quelques jours avant un départ pour la France, Michel Dorais rappelait qu’au Québec aussi, la situation est loin d’être idéale pour les homosexuel(le)s malgré les avancées législatives. Pour ce spécialiste de la sociologie de la sexualité, la grande responsable est l’éducation. Les jeunes ne sont pas mieux éduqué(e)s qu’autrefois : on ne leur apprend pas vraiment à composer avec la diversité sexuelle. Aujourd’hui, les médias sociaux amplifient le phénomène d’ostracisme en répétant les insultes déjà entendues cent fois dans la journée. Selon lui, la clé réside donc dans une meilleure formation : « Il faut faire avec la diversité sexuelle ce que l’on a fait avec la diversité humaine, cette démarche a mené à une diminution du racisme. Faisons en sorte que chacun réalise que cette diversité est un atout pour la société » partage le professeur titulaire de l’École de service social de l’Université Laval.

Une préoccupation pour les acteurs de la prévention du suicide

Consciente du rapprochement existant entre les problématiques de l’homophobie et du suicide, l’Association québécoise de prévention du suicide a tenu à inclure les réalités GLBT dans ses préoccupations. Depuis quelques mois, grâce au soutien de la Stratégie d’action jeunesse 2009-201, plusieurs actions sont tournées vers l’inclusion sociale des personnes GLBT : réalisation d’une vidéo partageant le témoignage de Steve Foster, président-directeur général du Conseil québécois des gais et lesbiennes (à voir sur www.ajoutermavoix.com), soutien de projets de sensibilisation menés par les étudiant(e)s du Collège Mérici à Québec, formation des intervenant(e)s en prévention du suicide et journée thématique lors du Grand Forum de la prévention du suicide en septembre 2012.

Besoin d’aide pour vous ou pour un proche : 1 866 APPELLE (277-3553)

www.aqps.info

Rencontre avec André Tardif

GRIS-Québec a 15 ans

Par Quentin Maridat

André Tardif est directeur général du Groupe régional d’intervention sociale de Québec, un organisme communautaire d’éducation et de sensibilisation. Entretien en forme de présentation de 15 ans de démystification et de lutte contre les préjugés avec un but : le mieux-être des jeunes GLBT.

SORTIE : Quelle est la mission du GRIS-Québec?

André Tardif : Notre mission est de démystifier l’homosexualité et la bisexualité pour lutter contre l’homophobie.

S : A travers quelles actions cette mission se concrétise-t-elle?

AT : Notre activité principale est de former des bénévoles homosexuel(le)s ou bisexuel(le)s à intervenir dans le milieu scolaire pour témoigner et démystifier. Grâce à la formation, ces bénévoles sont prêt(e)s à répondre de manière adaptée à toutes les questions que peuvent se poser les jeunes sur l’orientation sexuelle. Nous avons trois autres types d’intervention. D’abord, nous avons créé L’Accès, un lieu pour accueillir les jeunes GLBT ou en questionnement de 14 et 25 ans et leurs ami(e)s. Ici, les jeunes peuvent être eux-mêmes, poser des questions, exprimer leurs difficultés. Nous organisons aussi des conférences adaptées pour que les professionnel(le)s et les intervenant(e)s soient sensibilisé(e)s à la diversité. Enfin, nous soutenons les parents de jeunes GLBT en répondant à leurs questions et inquiétudes.

S : Qui mène ces actions?

AT : Rien ne serait possible sans les bénévoles. Ils étaient 73 l’an dernier pour presque 2500 heures de bénévolat. J’en profite pour faire un appel aux bonnes volontés dans la communauté mais aussi au-delà. L’homophobie, c’est l’affaire de tout le monde.

S : GRIS-Québec célèbre son 15e anniversaire. Que retenir de ces années?

AT : Tout a commencé avec un couple de parents qui cherchaient du soutien pour eux et pour leur fils gai,. Ils se sont aperçus qu’il n’y avait rien à Québec. La réaction de la communauté a été très positive et le GRIS-Québec est né. Au début des années 2000, nous avons eu un premier salarié, ce qui a permis de mieux structurer l’organisme. Autre moment important avec la création de L’Accès à la fin de l’année 2004. C’est presque 350 jeunes qui en ont bénéficié l’an dernier.

S : Quels défis doit relever le GRIS Québec? Quels sont ses projets?

AT : Notre principal défi reste de consolider notre financement. C’est d’autant plus important que nous avons l’ambition de faire du GRIS-Québec la référence pour toute la région de la Capitale Nationale sur les questions jeunesse GLBT. Pour l’instant, nos actions de démystification touchent seulement 5% des élèves et nous voudrions tendre vers 10%. C’est un gros effort de développement. Plus immédiatement, nous venons de mettre en ligne notre nouveau site internet et nous travaillons à un film sur les allié(e)s, proches, familles et ami(e)s de personnes GLBT, qui témoignent contre l’homophobie.

GRIS Québec

363, rue de la Couronne, bur. 202

418 523-5572 / www.grisquebec.org

jeudi 29 mars 2012

Portrait d'un pionnier: Pierre Berthelot, artiste du travail social

par Olivier Poulin

Il a vu naître et grandir le Groupe régional d'intervention sociale (GRIS) de Québec. Rencontre avec Pierre Berthelot, un travailleur social qui guide le milieu communautaire GLBT de Québec depuis de nombreuses années.

SORTIE : Quel parcours vous a amené à travailler dans le réseau de la santé et des services sociaux?

Pierre Berthelot : Je me suis inscrit au baccalauréat en psychoéducation à l'Université de Sherbrooke, puis j’ai étudié en interprétation au Conservatoire d'art dramatique de Québec. J'ai ensuite fait une maîtrise en service social à l'Université Laval.

S : Lors de votre formation, avez-vous entendu parler de diversité sexuelle?

PB : On m'a enseigné que l'homosexualité était une pathologie! J'ai passé mon bac avec le sentiment d'être un homosexuel imposteur qui veut aider les gens à régler leurs problèmes alors que j’en avais un gros moi-même. Je vivais dans l'anxiété d'être démasqué. À la maîtrise, les choses ont changé.

S : Vous vous êtes intéressé à l'homosexualité durant votre maîtrise?

PB : Oui. J'ai développé une approche de groupe pour le développement personnel des hommes gais. J'étais très isolé, car les ressources et les recherches sur l’homosexualité étaient rares. C'est finalement avec le Groupe gai de l'Université Laval que j’ai monté mon groupe de soutien en 1986.

S : Avez-vous l'impression que la formation sociale d'aujourd'hui aborde davantage les questions GLBT?

PB : Un peu. Le professeur Michel Dorais donne un cours de 2e cycle complet sur la diversité sexuelle en service social à l'Université Laval. Malheureusement, le cours n'est pas obligatoire ni donné à chaque année ni offert au premier cycle. Les futurs docteurs en médecine sociale et préventive entendent parler des réalités GLBT, car je leur fais une conférence à chaque année. Sinon, les facultés prétendent que la diversité sexuelle est intégrée partout, mais un cours spécifique serait justifié. L'incompréhension amène encore des milliers de jeunes à vivre des difficultés par rapport à leur orientation sexuelle et cette situation affecte leurs famille, proches et ami(e)s. Ça fait beaucoup de monde.

S : Quels rôles avez-vous joué dans la lutte contre le sida?

PB : J'ai été membre fondateur du MIELS-Québec et j'ai formé les premiers bénévoles. J'ai ensuite collaboré à la création de la Maison Marc-Simon où j'ai accompagné des personnes séropositives en fin de vie. J'ai également été consultant-formateur sur le sida en Afrique et en Océanie en plus de donner des conférences sur le volet psychosocial de l'épidémie à San Francisco, Paris et Amsterdam. J'ai même créé le personnage de la Sexo-soeur, une religieuse qui monologuait avec humour sur la prévention du sida.

S : Comment votre engagement auprès des séropositifs vous a-t-il mené vers les services aux personnes GLBT?

PB : Le sida a révélé les réalités des hommes gais. La communauté a été particulièrement touchée par le VIH, mais des études ont montré une corrélation entre les prises de risque et l'isolement et le manque d'estime de soi, deux conséquences de l'homophobie. Favoriser le bien-être des personnes GLBT est donc devenu une priorité pour la santé publique. Avec l'étude Mort ou fif de Michel Dorais en 2000, la prévention du suicide chez les jeunes GLBT est également devenue un enjeu important.

S : Quel support avez-vous apporté au GRIS-Québec?

PB : Mon rôle a été celui de conseiller. J'ai aidé à former des bénévoles, à élaborer des politiques et à sélectionner du personnel. J'ai aussi poussé pour que les autorités de la santé et des services sociaux accordent un financement public à l'organisme. J'ai toujours cru en la mission du GRIS-Québec. La sensibilisation par des témoignages personnels a un bien meilleur impact qu’un cours théorique. Au début, je doutais de l'accueil qu'allaient réserver les écoles aux bénévoles démystificateurs, mais la réponse a été positive.

S : Qu'est-ce qui a changé par rapport à l'homosexualité?

PB : Le réseau est passé d'une occultation de l'homosexualité à une reconnaissance des besoins des personnes GLBT. Globalement, la société est passée de l'aversion à la sympathie en passant par l'ignorance puis la tolérance. Il n'y a pas si longtemps, les homosexuels étaient des malades mentaux, des criminels et des pécheurs mortels! Quand j'étais adolescent, les références gaies, c'était Christian Lalancette dans Chez Denise et Paolo Noël chantant « Flouche Flouche », deux personnages hyper efféminés. De nos jours, les modèles sont plus nuancés. Je pense aussi que le combat pour l’égalité est passé d'un mouvement de militants dénonçant les injustices dont ils étaient victimes à une coalition de personnes GLBT et d'allié(e)s, qui n'ont plus peur de dire non à l’homophobie.

S : Quelle est votre plus grande fierté?

PB : Je suis content d'avoir réussi à trouver un terrain où je peux mettre au service des autres mes forces en théâtre et en intervention. Je me sens privilégié de pouvoir faire jouer sur la même patinoire l'artiste, le gai et le travailleur social.

S : Vous adorez Diane Dufresne. Pourquoi?

PB : Parce qu'elle est aussi folle que moi! (rires) Sérieusement, elle a été une inspiration pour moi. À une époque où je me découvrais différent, elle m'a appris à valoriser ma propre originalité, à suivre ma voie malgré ce que les autres pensent. Je ne manquerai pas le concert bénéfice auquel elle a exceptionnellement accepté de participer le 29 mars au Palais Montcalm.

La corde sensible: concert-bénéfice de Diane Dufresne au profit du GRIS-Québec

Diane Dufresne a sans contredit pris le parti de la marginalité dans sa vie et dans sa carrière, affirmant sa différence là où elle était la plus visible, que ce soit par ses costumes grandioses, son riche vibrato, sa sensibilité romantique ou ses chansons inoubliables faisant une large place à la singularité d’êtres exceptionnels, meurtris ou résilients. Même lors de ses premiers passages en France, alors que l’Europe redécouvrait le Québec de la modernité, elle parlait là-bas comme partout ailleurs la langue d’ici, non seulement sans complexe, mais avec fierté. Elle a été ainsi, dès les années 1970, une ambassadrice de la fierté nationale et elle n’a cessé depuis de cultiver son identité d’artiste, de musicienne, de créatrice et d’interprète entre l’audace et la dignité, toujours à la recherche du dépassement de soi-même, de la nouveauté et du plaisir de l’expérience créative.

C’est sans surprise qu’un lien de proximité s’est bâti pendant des années entre Diane Dufresne et la communauté GLBT qui, elle-même, a poursuivi sans relâche sa quête d’expression, de reconnaissance et d’inventivité. En effet, pour plusieurs personnes GLBT, il a fallu être capables de s’inventer en dehors des cadres discriminants d’une vie sociale réglée au rythme de la normalité hétérosexuelle. Cette association entre l’artiste et la communauté se confirmera à nouveau le jeudi 29 mars à l’occasion du concert-bénéfice GRIS Majeur alliant la voix et la présence scénique exceptionnelles de Diane Dufresne à l’excellence des Violons du Roy, orchestre de chambre de réputation mondiale et figure de proue de la scène culturelle de la capitale.

Par l’action du Groupe régional d’intervention sociale, le bénéfice de ce concert attendu retombera entre les mains des jeunes de Québec. Il en va assurément du bien-être des jeunes GLBT de la ville, mais les activités de démystification du GRIS contribuent plus généralement à la création d’espaces de discussion sur des sujets importants comme la sexualité, l’identité de genre, la réaction face à la différence, qui sont peu abordés en classe. Ce type d’activité permet donc d’enrichir le sens critique des jeunes, de les éveiller à une relation saine à autrui et de les inviter à cultiver leur propre distinction, leur propre originalité.

Pour le concert qui aura lieu le jeudi 29 mars à 19h30 entre les murs aux qualités acoustiques remarquables du Palais Montcalm, des billets à 75$ et 125$ sont en vente sur le réseau Billetech. Des billets VIP à 200$ avec cocktail dînatoire et encan silencieux après le concert, sont disponibles auprès d’André Tardif, directeur général, au 418 523-5572. Des reçus de charité peuvent être émis. Le spectacle sera l’occasion de souligner les 15 ans de l’organisme de Québec, d’encourager ses activités qui contribuent à la formation sociale de nos jeunes et, bien sûr, d’assister à une performance qui, à n’en pas douter, sera des plus mémorables.

Par Gabriel Laverdière

www.grisquebec.org

mercredi 28 mars 2012

Regards sur les familles homoparentales

Des milliers d’enfants au Québec vivent avec des mères ou des pères qui vivent une relation amoureuse avec une personne du même sexe et forment ainsi des familles homoparentales. Loin d’être un phénomène marginal, le nombre croissant de familles homoparentales résulte d’un ensemble de facteurs interdépendants, tels que :

- La diversité croissante des constellations familiales depuis les années 60 (familles recomposées, monoparentales, bi-culturelles, etc.);

- Le nombre croissant de parents homosexuels qui affirment leur orientation sexuelle;

- L’adoption de lois québécoises reconnaissant et accordant les mêmes droits et responsabilités juridiques aux familles homoparentales qu’aux autres familles;

- Un code civil qui permet aux couples gais ou lesbiennes d’adopter conjointement des enfants résidant au Québec;

- L’accès aux nouvelles technologies de reproduction;

- Le nombre grandissant de personnes homosexuelles qui désirent et sont en mesure de fonder des familles dans une société qui accepte de plus en plus leur orientation sexuelle.

Malgré cela, certaines personnes qui interviennent dans les milieux scolaires, les services de santé, les services sociaux, ou dans des organismes communautaires peuvent avoir l’impression de ne jamais avoir rencontré une famille homoparentale et ne même pas savoir que ce genre de famille existe. L’invisibilité et le silence constituent les obstacles les plus fréquemment rencontrés par les membres d’une famille homoparentale. L’invisibilité des familles homoparentales fait en sorte qu’elles sont ignorées et incomprises. Elles sont absentes des représentations sociales de la famille et de l’image globale de la diversité familiale au Québec. Elles sont généralement ignorées par les institutions publiques telles que les cours prénataux, les Centres de la petite enfance (CPE), les garderies en milieu familial, les services sociaux, les services de santé et, surtout, les écoles. Ces familles sont souvent oubliées et les pratiques ne sont pas conçues pour répondre à leurs besoins, ce qui a un impact significatif sur les enfants de ces familles.

Le silence entourant les familles homoparentales est également néfaste. Les enfants apprennent autant des silences que des paroles prononcées. Si les enfants remarquent que les différences entre les gens sont dissimulées, ces différences peuvent devenir mystérieuses et menaçantes. Lorsqu’un sujet n’est pas abordé en classe, il entre dans le domaine du secret, de la méfiance et de la honte.

Les services de santé et les services sociaux qui ignorent les réalités des parents et futurs parents homosexuels envoient un message de rejet et de jugement négatif. L’omission renforce les préjugés.

Les personnes qui interviennent dans les milieux scolaires, dans les services sociaux et de santé ou les organismes communautaires, ne sont pas toujours au courant des structures familiales homoparentales dans lesquelles vivent certains des enfants qu’ils côtoient. Cet état des choses découle peut-être du fait que les enfants et les parents ne savent pas si la classe ou l’établissement est un lieu sécuritaire pour partager ce genre d’information.

Plusieurs mères lesbiennes et pères gais ne se sentent pas à l’aise d’assumer publiquement leur homosexualité dans la culture dominante. Même si beaucoup d’enfants ont un parent, un oncle, une tante, un cousin, une cousine ou un/une ami(e) de la famille qui est gai ou lesbienne, ils peuvent hésiter à en parler à l’école. Bien que les familles homoparentales soient souvent silencieuses et invisibles à ce sujet, les écoles le sont rarement. Des insultes telles que « tapette », « maudit gai », « moumoune », « butch », « maudite lesbienne » ou « homo » transforment les corridors en lieux hostiles à l’homosexualité pour bien des élèves.

Les jeunes qui vivent dans une famille homoparentale rapportent faire face aux préjugés et à la discrimination à cause de l’homophobie de la société et ce, sans égard à leur propre orientation sexuelle.

Depuis 2002, au Québec, les couples de même sexe et les enfants des familles homoparentales bénéficient des mêmes droits que n’importe quelle famille. En dépit des progrès légaux et sociétaux, les familles homoparentales font face à plusieurs difficultés liées à l’invisibilité, au manque de compréhension et aux préjugés.

Les études indiquent que les personnes homosexuelles qui désirent fonder une famille, de même que les parents homosexuels et surtout leurs enfants peuvent être victimes de préjugés et de discrimination. Comme les gais et lesbiennes en général, les enfants et les parents qui composent des familles homoparentales ressentent le stress de l’homophobie et cette pression peut avoir des répercussions sur leur santé et leur bien-être.

L’homophobie dans les écoles est néfaste pour tous les élèves et non pas seulement pour les enfants des familles homoparentales. Elle touche également les enfants qui, un jour, seront gais, lesbiennes, bisexuels ou transgenre; ceux dont un membre de leur famille autre qu’un parent est homosexuel; et enfin ceux qui sont perçus comme étant gais ou lesbiennes parce qu’ils ne sont pas conformes aux stéréotypes des sexes. En fait, chaque élève est affecté lorsque la culture scolaire marginalise de manière routinière certains élèves à cause de leur orientation sexuelle réelle ou présumée, ou de celles de leurs parents.

Des attitudes homophobes peuvent émerger dès les premières années du primaire lorsque les enfants utilisent des mots comme « gai » ou « lesbienne » en tant qu’insulte générique ou comme un terme lié à l’abus. Des propos qui questionnent la masculinité ou la féminité de certains individus, de même que ceux qui font directement référence à la sexualité, sont entendus fréquemment et sont dommageables. Les écoles, surtout les écoles primaires, fournissent des contextes idéaux pour modifier les attitudes homophobes parce qu’elles contribuent largement au développement des valeurs et des attitudes chez les jeunes enfants. Plus tard, des valeurs et attitudes homophobes ancrées peuvent être plus difficiles à changer.

Bien que les spécialistes et le personnel de soutien dans les écoles ainsi que dans les services sociaux et de santé peuvent avoir des convictions personnelles qui sont incompatibles avec le concept de famille homoparentale, celles et ceux qui travaillent au sein des établissements publics ont la responsabilité légale de fournir à toutes les familles et à tous les enfants un environnement inclusif et accueillant dans lequel ils peuvent réussir et s’épanouir.

Les parents homosexuels, comme les autres parents, cherchent à établir des partenariats avec les écoles et les organismes communautaires de manière à offrir un soutien à l’épanouissement scolaire, social et émotionnel de leurs enfants. Les éducateurs et les familles homoparentales apprennent à interagir entre eux. En même temps, les éducateurs et les intervenants ont besoin de mieux connaître le vécu des familles homoparentales et les recherches au sujet de ces familles afin de travailler en équipe avec elles et soutenir tous les enfants.

La formation Regards sur les familles homoparentales

C’est pourquoi la Coalition des familles homoparentales présente la formation et la trousse d’information et d’outils « Regard sur les familles homoparentales ». Le projet est une initiative de parents membres de la Coalition des familles homoparentales, d’éducateurs et d’éducatrices, de personnes militant dans le milieu communautaire, de même que d’universitaires impliqués dans l’Équipe Sexualité, Vulnérabilité, Résilience (SVR) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et au Centre d’orientation sexuelle de l’Université McGill (COSUM). Pour réaliser cette trousse et la formation, ces partenaires ont bénéficié de l’appui financier du Fonds des services aux collectivités du ministère de l’Éducation, du Loisir, et du Sport du gouvernement du Québec ainsi que du soutien du Service aux collectivités de l’UQAM.

Malgré des ressources financières qui diminuent sans cesse, les écoles, les services de santé et les services sociaux desservent des milliers d’enfants et de familles. La plupart des écoles et des services veulent accommoder les enfants et les familles le mieux possible, mais les besoins des familles homoparentales ne sont pas leur seule préoccupation. Toutefois, offrir un environnement inclusif aux enfants et aux parents qui composent des familles homoparentales n’est pas difficile ni coûteux.

Bien que les effets négatifs de l’homophobie soient vivement ressentis par les familles homoparentales, les professionnels des écoles, du milieu de la santé et des services sociaux et des organismes communautaires sont parfois peu conscients des problèmes auxquels sont confrontés les parents et les enfants des familles homoparentales. Enseignantes et enseignants, éducateurs et éducatrices, directions d’écoles, travailleurs sociaux et travailleuses sociales ignorent trop souvent l’existence même de ces familles et de leurs réalités. Peu nombreux sont les parents et les enfants qui osent confronter les manifestations d’homophobie.

La trousse de formation « Regards sur les familles homoparentales », donnée à la fin de la formation, a été conçue pour outiller les personnes qui interviennent dans les milieux scolaires et les services sociaux et de santé et pour répondre aux besoins des familles homoparentales sans surcharger les établissements. Les outils de cette trousse vont également aider les personnes au sein de ces institutions à vaincre leurs hésitations et leurs craintes relatives à l’inclusion de ces familles dans leurs pratiques.

Dans ce contexte, la formation Regards sur les familles homoparentales permet d’outiller les adultes qui travaillent avec les enfants et les familles pour les aider à lutter contre la discrimination et ses effets dévastateurs auprès des enfants.

Quelques questions que se posent beaucoup de personnes et auxquelles la formation Regards sur les familles homoparentales apporte des réponses :

- Que savons-nous des familles homoparentales?

- Quels sont les stéréotypes envers les parents homosexuels et leurs enfants ?

- Les parents homosexuels ont-ils les mêmes compétences que les parents hétérosexuels ?

- Est-ce que les enfants des familles homoparentales se développent normalement ?

- Comment les enfants trouvent leurs modèles d’identification dans une famille homoparentale ?

- Comment répondre simplement aux questions de tous les enfants à propos de la diversité familiale ?

- Et le plus important, dans notre rôle professionnel, comment lutter contre l’homophobie et la discrimination ?

Regards sur les familles homoparentales vise à sensibiliser tout le personnel des écoles primaires et secondaires ainsi que toutes les personnes impliquées dans les services sociaux, les services de santé et les organismes communautaires jeunesse aux réalités des familles homoparentales. Cette formation permet aux intervenants d’accroître leurs connaissances. Les pistes concrètes d’intervention sont suggérées afin de favoriser une meilleure intégration des enfants des familles homoparentales.

Cette formation répond aux besoins exprimés par des adultes qui veulent être mieux outillés pour intervenir lorsqu’ils sont témoins d’incidents à connotation homophobe ou sexiste, de harcèlement ou d’étiquetage, entre des enfants du primaire ou secondaire.

Cette formation fournit également des renseignements, des stratégies, des exemples de pratiques, ainsi qu’un vaste éventail de ressources pour accompagner chaque personne et son milieu de travail dans leurs démarches de changement.

Les objectifs de la formation sont les suivants:

- Approfondir les connaissances sur les familles homoparentales;

- Déconstruire les mythes et les stéréotypes;

- Lutter contre la discrimination, la désinformation, les craintes et les préjugés;

- Promouvoir une meilleure compréhension et un meilleur respect des différences;

- Fournir des outils concrets pour créer un environnement de respect et de soutien.

Les grands thèmes abordés dans la formation:

- Les recherches scientifiques sur les familles homoparentales;

- La déconstruction des mythes à propos des familles homoparentales;

- Les expériences des familles homoparentales face à l’homophobie et à l’hétérosexisme;

- Les expériences de tous les enfants en milieu scolaire face à l’homophobie et à l’hétérosexisme;

- Les responsabilités légales et éthiques de la société face aux familles homoparentales;

- Les domaines d’intervention pour mieux répondre aux besoins des familles homoparentales.

Cette formation vous concerne, ainsi que votre équipe et vos collègues, si vous êtes…

- Une enseignante ou un enseignant au niveau du préscolaire, du primaire ou du secondaire;

- Une personne qui fait partie du personnel de soutien dans une école primaire;

- Un professionnel non enseignant (éducateur ou éducatrice, orthophoniste;

infirmière ou infirmier, etc.) dans une école primaire ou secondaire;

- Un professionnel qui intervient dans le système de santé et des services sociaux auprès des enfants et des familles;

- Une personne impliquée dans un organisme communautaire jeunesse ou famille;

- Un professionnel dans un centre jeunesse;

- Un professeur dans un cégep ou une université, spécialisé dans la formation des maîtres, la formation des éducateurs et éducatrices ou encore, spécialisé dans le counseling en travail social, en sciences infirmières, en psychologie;

- À la direction d’une école primaire ou secondaire, d’un centre jeunesse ou d’un organisme communautaire jeunesse ou famille;

- À la direction d’un département concerné (éducation, services de garde, etc.) d’un cégep ou d’une université;

- À la coordination d’une table de concertation jeunesse ou famille;

- Membre d’un conseil d’établissement ou d’un conseil d’administration.

Modalités pratiques

La formation Regards sur les familles homoparentales est donnée en une session d’une demi-journée. Les modalités pratiques de la formation peuvent être adaptées aux besoins, aux disponibilités et aux horaires des participants: contactez la Coalition des familles homoparentales pour en discuter. La formation est donnée sur place, dans vos locaux, à travers le Québec, par des formateurs et des formatrices chevronnés et compétents. La formation repose sur des méthodes pédagogiques dynamiques et interactives qui requièrent l’implication volontaire des personnes participantes. À la fin de la formation, une trousse pédagogique comprenant divers outils (vidéo, témoignages, fiches d’activités, stratégies, exemples de pratiques, listes de ressources, etc.) est laissée sur place. La formation est offerte gratuitement, grâce à une subvention du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du gouvernement du Québec (MELS).

Pour plus d’informations et pour inscription

Veuillez contacter : La Coalition des familles homoparentales (CFH)

T : 514-846-1543 , info@familleshomoparentales.org

mardi 27 mars 2012

Tango queer

"[...] A Buenos Aires mais aussi en Europe (en Norvège, en Suède, en Allemagne, en Angleterre...), se développent ces dernières années des cours de tango «queer». Ici, pas question de reproduire la norme hétéro. On y danse entre filles et entre garçons. On guide ou on suit, selon son envie, en réinventant au passage cette danse traditionnellement basée sur le désir hétéro. La vague du «tango argentin queer» a récemment touché le Québec!

«Tango argentin queer», le terme est plutôt intriguant... A quoi est-ce que cela correspond?

L'esthétique du tango traditionnel est très hétéronormative. C'est une danse qui transmet une certaine idée du corps féminin ou masculin. Et du désir, qui est vu comme forcément hétéro. Le tango queer remet tout ça en question. Cela consiste aussi à créer un espace privilégié pour les gays, les lesbiennes, les bi, les trans, ou même les hétéros qui ne veulent pas danser dans une conception hétéronormative.

Extrait d'un texte de Marie Kirschen

Tango Queer à Québec : fin de semaine intensive les 14-15 avril de 10h à 16h à la Rotonde

Info: 418-524-8264

Venez apprendre à guider ou à suivre selon votre envie tout en vous affranchissant du cadre traditionnel homme / femme. Nous vous proposons de travailler d'autres expressions artistiques de cette danse. Il ne s'agit pas d'abolir les jeux de rôles, mais de se les approprier, les subvertir et les enrichir de nos différences. Nous souhaitons vous accueillir dans un environnement où chacun/e puisse se sentir à l'aise pour apprendre à danser quelle que soit son expression de genre.

Voici deux vidéos :

Femmes :

http://www.youtube.com/watch?v=m_vW3zLTF_s&feature=related

Hommes :

http://www.youtube.com/watch?v=F9TG6E7nW5w


Nancy Lavoie

Professeure de tango

L'Avenue Tango