samedi 15 janvier 2011

Une démystification spéciale… comme les autres

Secrétariat de l’école, 9h40. Nous sommes deux bénévoles à attendre la professeure qui nous mènera à son groupe d’éthique et culture religieuse. On échange quelques mots sur nos expériences antérieures de démystification, puis l’enseignante arrive, souriante et les bras pleins de dossiers. Après les présentations, nous suivons notre guide dans les dédales de l’école. Un défi, dans la masse grouillante et bruyante des élèves entre deux cours, apparemment impatientEs de se raconter les nouvelles de la dernière journée… Ou d’enlacer leur tendre moitié bien au milieu du couloir. Ah, dans mon temps… C’était pareil.


9h48. On arrive enfin au local, un peu étourdiEs. Pour l’instant, personne d’autre dans la classe. Un rapide coup d’œil permet d’estimer à 28 le nombre d’écoliers qui seront présents. Pas un groupe facile selon la professeure, qui rapporte plusieurs commentaires homophobes de la part de deux ou trois élèves au cours des derniers mois. Qu’à cela ne tienne, nous ferons de notre mieux. Nous commençons à écrire nos noms au tableau quand nous entendons avec nostalgie le son de la « cloche ». « Ce n’est que la première », nous dit-on, « la vraie est dans trois minutes ». Ils arrivent in extremis pour la suivante et s’assoient, perplexes devant notre présence.


9h55. Ça y est, la vraie cloche retentit. Le bruit des élèves quelque peu fébriles est rapidement remplacé par une voix monotone qui résonne dans l’interphone pour faire quelques annonces. L’attention des élèves semble bien ailleurs… Comme on les comprend. Cela nous laisse néanmoins le temps de balayer la salle du regard et d’échanger quelques sourires timides avec l’assistance. L’interphone se tait. La professeure nous présente comme des bénévoles du GRIS-Québec, puis nous cède la parole.


Je laisse ma partenaire expliquer le déroulement de la période, puis je l’aide à distribuer les questionnaires que les jeunes devront remplir au début et à la fin de la période. On leur demande d’y répondre individuellement et honnêtement. On rappelle la date quelques fois. Quelques minutes après, les jeunes déposent leur questionnaire sur le coin de leur bureau. Je présente le GRIS-Québec et d’autres ressources en lien avec l’orientation sexuelle, puis je décris rapidement mon vécu dans une « bande annonce » d’une minute suivie de celle de ma partenaire.


« Nous attendons maintenant vos questions. Toutes les questions sont bonnes, mais nous demandons qu’elles soient formulées de manière respectueuse. Quelqu’un veut briser la glace? », demande ma collègue. Petit silence gêné, puis les mains commencent à se lever. Première question sur la façon dont notre famille a réagit suite au dévoilement de notre orientation sexuelle. Viennent ensuite celles sur la façon dont nous avons découvert notre homosexualité, sur la réaction de nos amis à notre « sortie du placard » et sur notre vécu d’homophobie. La question classique se rapproche inexorablement. On nous demande s’il est vrai que dans un couple homosexuel, l’unE des partenaires « fait le gars et l’autre, la fille ». Sachant que souvent, cette question sous-entend les pratiques sexuelles, nous effleurons le sujet. Une élève saisit l’occasion pour en savoir plus sur notre vie sexuelle. Nous répondons à cette question tour à tour en se gardant un petit jardin secret. Il est ensuite question de mariage, d’enfants, de bisexualité et de défilé de la « fierté gaie ». Finalement, comme c’est généralement le cas, les élèves se comportent beaucoup mieux que ce que la professeure avait prévu. C’est même un groupe très agréable!


Il ne reste que cinq minutes. Nous remercions les élèves pour leur participation et leur demandons de remplir la seconde moitié du questionnaire. La plupart finissent en peu de temps, presséEs de pouvoir parler deux minutes avec leurs collègues. La cloche sonne et la classe se vide à une vitesse étonnante. Nous remercions la professeure puis quittons l’école avec les questionnaires pour les rapporter au GRIS-Québec. Je partage ma satisfaction avec ma partenaire qui a elle aussi bien hâte à sa prochaine performance.

FIN

Voilà ce qu’est une démystification à peu près typique. Vous êtes maintenant convaincuEs que la démystification est pour vous. C’est justement le temps de s’inscrire à la formation qui a lieu le samedi 5 février prochain. Pour information, contactez Kévin Lavoie au 418-523-5572 ou à demystification@grisquebec.org. Faites vite, les places sont limitées!

Émile P., v.-p. aux finances

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